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TOUS A ZANZIBAR
(titre original : Stand on Zanzibar) de John BRUNNER 1968
- Prix Hugo 1969 - |
Mais l'histoire principale n'a en fait que peu d'importance, elle conduit en effet à un happy end volontairement ridicule, à la mesure de l'absurdité génétique qui est un des principaux sujets du roman. En effet, Tous à Zanzibar est censé traiter des effets néfastes de la surpopulation (d'où le titre, mais il faut lire le roman pour comprendre), alors qu'en définitive, il déborde largement ce cadre. Mais dans ce monde surpeuplé, les lois eugéniques sont devenues (soi-disant) indispensables, on y traque les débiles, les anémiques, les diabétiques et même les daltoniens… Dans cette "course aux hommes", c'est à qui produira le premier un surhomme, et Brunner y apporte une réponse à la hauteur de l'absurdité de cette compétition : ainsi, dans ce paisible et très pauvre pays d'Afrique, le Béninia (nom inventé, le Bénin s'appelait encore Dahomey lorsque Brunner a écrit ce livre), les hommes ont depuis toujours un gène produisant une protéine qui inhibe l'agressivité ambiante… Evidemment, personne n'y croit, pas même l'auteur, qui veut juste faire un pied de nez à la recherche eugénique en bouleversant les critères de sélection. Inutile donc de chercher une fin à ce roman.
Il n'y a pas de personnage principal, mais si vous tenez vraiment à en trouver un, citons le sociologue sur le retour (thème récurrent chez Brunner), Chad Mulligan, cynique et misanthrope, qui tente de faire réagir ses concitoyens, qui daignent parfois l'écouter mais évidemment sans y prêter trop d'attention. C'est que Mulligan adore bousculer les idées établies, et n'hésiter pas à pousser la provocation jusqu'à l'extrême pour essayer de faire réfléchir ses compatriotes.
Avec ce livre-univers, John Brunner a battu sur leur propre terrain les meilleurs spécialistes de la futurologie.